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La résilience communautaire une approche multiforme pour un résultat uniforme

CBDRM learning exchange participants meeting with the community of Réo Geoff Crawford

À la suite des deux échanges de partage d'expériences en Gestion des Risques de Catastrophes à Base Communautaire  (GRCBC)  en Afrique de l'Ouest, Adessou Kossivi, Coordonnateur régional de développement du réseau GNDR pour l'Afrique de L'ouest écrit sur la résilience. 

Il est de coutume d'entendre parler de résilience comme du processus qui rend les communautés et/ou infrastructures résilients aux chocs naturels ou non. Ce terme est devenu central au caractère apparemment fragile que montre les ressources naturelles et animales y compris l’humain. Le monde se saisit des catastrophes les plus affreuses et l’avenir n’est guère rassurant. C’est justement dans ce concept et face à la nécessité de trouver des gymnastiques dont la finalité consisterait à rendre l’homme et les biens qu’il réalise moins vulnérables.

Il va sans dire que résilience s’oppose à la vulnérabilité quoique au plan étymologique, les deux peuvent consister à dire la même chose. En effet la capacité de résilience d’une communauté peut ailleurs rimer avec la vulnérabilité de l’autre. Parler donc de vulnérabilité, reviendrait à inviter la notion de sévérité d’un aléa qui viendrait tester le dispositif de résilience mis en place. Plusieurs stratagèmes (comme dans le cas du montage d’une chaîne) permettraient d’apprécier le niveau de résilience ou de vulnérabilité d’une personne, d’une communauté.

Il est donc inconcevable de parler de renforcement de la résilience communautaire sans faire préalablement allusion à la qualité de l’information. En effet, l’information contribue à fournir au juste concerné, le savoir nécessaire pour se prendre en charge face à toute situation "cyclique" qui viendrait à modifier « négativement » le cours normal de sa vie.

Mais à quand la résilience? 

La résilience fait également appel à la connaissance et à la maîtrise des réalités et des facteurs locaux qui « militeraient » en faveur ou non de la vulnérabilité d’une cible face à des événements prévisibles ou non. Il est inconcevable d’appliquer une solution qui aurait fonctionné dans un environnement A à un environnement B. Le prétexte selon lequel un produit qui guérit le paludisme est standard ne s’applique point en matière de résilience. Enfin, la résilience exige de la part des acteurs concernés, une discipline et une complémentarité nécessaires à l’observation d’une action collégiale mais différenciée dont chaque action renforce celle de l’autre.

La résilience s’apparente à un idéal que « nul » ne peut atteindre. Il est possible qu’une communauté, un peuple mieux équipés soit plus résilient qu’un autre. Mais atteindre le niveau zéro en matière de résilience serait une affirmation vaine, très vite mise à l'épreuve par des événements prévus ou non. C’est donc pour contribuer à renforcer la résilience communautaire des habitants des villes de Tillabéri au Niger et de Réo au Burkina Faso, qu’un groupe d’acteurs qui travaille sur le sujet de la résilience communautaire s’est déplacé pour rendre visite à ces femmes et ces hommes. Ces femmes et hommes s’activent à se créer un cadre de vie favorable à eux-mêmes et à la génération future.

À Tillabéri, sur le site de la colline de Féri-Féri, s’activent des femmes et des hommes qui tentent de redonner vie à une terre qui était considéré jusqu'alors comme inexploitable. Ainsi, pendant près de 20 ans, le groupement ADPE Bonferey a travaillé à la restauration d'une superficie de 77 hectares, un sol aride où la germination était impossible. Cet espace voit la vie s’organiser autour, selon les témoignages des membres de la communauté, c’est grâce aux activités de réhabilitation que la colline est devenue source de revenus pour la population, voyant le développement d’emplois « verts ». Les animaux peuvent paître et les hommes peuvent se procurer de matière première telle de la paille. Ce sol jadis sec et désert, commence par connaître des éclats de verdure et offre un micro climat des meilleurs qui attire l’humain.

Blog adessou Burkina 1

 

À Tillabéri, il est communément entendu que cette zone réhabilitée contribue à la résilience des communautés, surtout des éleveurs de la ville, mais aussi au rééquilibrage des événements météo- climatiques de ce micro écosystème. Tillabéri est une des zones les plus chaudes en Afrique de l'Ouest. 

La région possède un climat aride (BWh) selon la classification de Köppen-Geiger. Sur l'année, la température moyenne à Tillabéri est de 30.5°C et les précipitations sont en moyenne de 420.9 mm.

A Réo au Burkina Faso, le termes résilience était au rendez-vous mais cette fois-ci à travers une autre démarche: améliorer la condition financière des femmes à travers l’exploitation de la chaîne du Karité.

Comptant près de 6700 femmes, l’ONG UGF-CDN a réussi à réunir celles-ci autour d’un idéal payant. Quiconque aurait entendu les femmes témoigner comprendrait mieux l’apport de la ressource financière dans la résilience des femmes et des ménages.
En effet, les femmes affiliées à UGF-CDN sont à même d’assurer à elles seules, la scolarité des enfants, les soins sanitaires, les besoins alimentaires et l’hébergement de leur famille. Elles subviennent également à leurs frais de transport, et par là se sentent moins à la merci des hasards quotidiens.Elles en tirent une grande satisfaction. Sans employer le terme de « résilience », elles ont constaté les changements dans leur vie quotidienne. Cela tout naturellement les rend beaucoup plus résilientes.

 

Burkina 2

En conclusion:  que signifie le terme de“resilience”

Comme vu  dans les exemples cités plus haut, la résilience n’a pas de formule consacrée. Elle répond de tout processus consistant à renforcer les connaissances et moyens de susbsistence des communautés. Le développement des connaissances et des revenus ont pour finalité de permettre aux communautés à être mieux préparées à faire front situations d'urgences éventuelles qui peuvent surgir à tout moment.

La résilience est synonyme de la capacité d'une communauté à faire face à un choc ou un phénomène externe ou non. Il est impérieux que la démarche de nos états (souvent plus infrastructurelle), vise la capacitation et l’autonomisation individuelles et collectives des personnes. Car leur vulnérabilité est corollaire à celles des autres éléments qui les entourent

Écrit par Adessou Nevaeme Kossivi 

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